📰 Presse et magazines
Résilier son abonnement Causette en 2026 : que faire quand l'éditeur est en liquidation ?
Guide complet août 2026 : arrêt du papier avec le n°148 (octobre 2023), liquidation judiciaire du 6 juin 2024, cession à Melody Madar annulée en appel le 24 janvier 2025 — comment stopper les prélèvements, obtenir la résolution du contrat et déclarer sa créance au liquidateur

Mars 2009 (Les Éditions Gynéthic)
Création du magazine
Causette Media (groupe Hildegarde)
Éditeur depuis 2018
Octobre 2023 (numéro 148)
Arrêt de l'édition papier
22 mai 2024
Cessation des paiements
6 juin 2024, tribunal de commerce de Paris, sans poursuite
Liquidation judiciaire
Homologuée juillet 2024, annulée en appel le 24 janvier 2025
Cession Melody Madar
💬 Vous cherchez comment résilier Causette, et la vraie réponse est déroutante : il n'y a plus grand-chose à résilier. Le magazine féministe a arrêté son papier avec le numéro 148 d'octobre 2023, la société éditrice a été mise en liquidation judiciaire le 6 juin 2024 sans poursuite d'activité, et la reprise par Melody Madar homologuée l'été suivant a été annulée par la cour d'appel de Paris le 24 janvier 2025. Résultat : des lecteurs qui ne reçoivent plus rien, et pour certains, un prélèvement qui continue de passer. Ce guide ne vous vend pas une lettre de résiliation classique qui ne servirait à rien. Il vous explique comment couper le prélèvement en priorité, comment notifier la résolution du contrat pour inexécution, et comment déclarer votre créance au mandataire liquidateur — avec un avis franc sur ce que vous pouvez espérer récupérer.
📦 Réponse rapide
Causette a été placé en liquidation judiciaire le 6 juin 2024 par le tribunal de commerce de Paris, sans poursuite d'activité. Il n'y a donc plus vraiment d'abonnement à résilier : le contrat n'est plus exécuté. Trois gestes utiles, dans cet ordre. Un, faites révoquer le mandat de prélèvement auprès de votre banque pour stopper le flux. Deux, notifiez la résolution du contrat pour inexécution. Trois, déclarez votre créance au mandataire liquidateur, dont le nom figure au BODACC.
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« Je payais encore quelques euros par mois pour Causette sans plus rien recevoir depuis l'arrêt du papier. J'ai fait révoquer le mandat à ma banque le jour même, et j'ai récupéré les prélèvements des huit dernières semaines. Le reste, je l'ai déclaré au liquidateur sans trop d'illusions, mais au moins le robinet est coupé. »
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📑 Sommaire
- 1. Où en est Causette en août 2026 ? La chronologie exacte
- 2. Pourquoi on ne « résilie » pas Causette : vous êtes créancier, pas abonné mécontent
- 3. Stopper le prélèvement Causette : quatre leviers à ne surtout pas confondre
- 4. Déclarer sa créance au mandataire liquidateur : la vraie démarche depuis juin 2024
- 5. Le droit de rétractation existe bien pour un abonnement presse — l'angle que tout le monde rate
- 6. Reconduction tacite, information annuelle et résiliation en trois clics
- 7. À qui écrire, et pourquoi nous ne publions PAS d'adresse Causette
- 8. Modèle de lettre Causette : résolution pour inexécution et déclaration de créance
- 9. Comment envoyer votre courrier au liquidateur de Causette
- 10. Recours possibles, et ce que vous pouvez raisonnablement espérer
- 11. Erreurs à éviter
- 12. Questions fréquentes
1. Où en est Causette en août 2026 ? La chronologie exacte
Avant toute démarche, il faut comprendre où en est réellement le titre, car cela change complètement la nature de ce que vous devez écrire, et à qui. Causette n'est pas un magazine qui tourne encore et dont vous voudriez vous désabonner : c'est un titre dont la société éditrice a été liquidée.
Voici la chronologie, telle qu'elle ressort des décisions de justice et de la presse spécialisée médias :
| Date | Événement | Ce que cela change pour un abonné |
|---|---|---|
| Mars 2009 | Lancement de Causette par Les Éditions Gynéthic | Le titre naît comme bimestriel, puis devient mensuel en 2011 |
| 2018 | Reprise du titre par Causette Media (groupe Hildegarde) | Changement d'éditeur : les CGV et le service abonnements changent d'entité |
| Octobre 2023 | Arrêt de l'édition papier avec le numéro 148 | Les abonnés papier cessent de recevoir le magazine : le service n'est plus rendu |
| 22 mai 2024 | Déclaration de cessation des paiements | Signal d'alerte : à ce stade, les prélèvements peuvent encore passer |
| 6 juin 2024 | Liquidation judiciaire prononcée sans poursuite de l’activité (tribunal de commerce de Paris) | Le point de bascule : un mandataire liquidateur est désigné, la rédaction s'arrête |
| Juillet 2024 | Reprise homologuée au profit de Melody Madar, fondatrice des Éclaireuses | Un espoir de continuité, mais l'offre ne portait pas sur l'ensemble des actifs du titre |
| 24 janvier 2025 | Cession ANNULÉE par la cour d'appel de Paris | Retour à la case départ : plus de repreneur homologué |
Sur ce dernier point, la cour d'appel de Paris a annulé le 24 janvier 2025 le jugement du tribunal de commerce qui avait attribué Causette à Melody Madar, à la suite d'un appel formé par une partie concurrente à la reprise. Le motif retenu tient à une modification de l'offre transmise aux organes de la procédure la veille du délibéré, sans respect du principe du contradictoire. Ce n'est donc pas le projet éditorial qui a été jugé, mais la régularité de la procédure d'attribution.
Ce que nous ne pouvons PAS vous affirmer : au terme de nos recherches en août 2026, nous n'avons trouvé aucune annonce publique confirmant qu'un repreneur définitif de Causette aurait été homologué depuis l'annulation du 24 janvier 2025, ni qu'une nouvelle formule du magazine serait reparue, ni que la liquidation aurait été clôturée pour insuffisance d'actif. Nous préférons vous le dire plutôt que d'inventer une issue. Vérifiez vous-même l'état actuel de la procédure sur bodacc.fr ou sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr avant d'écrire à qui que ce soit.
Sur l'identité juridique du titre, méfiez-vous des raccourcis. Deux sociétés apparaissent dans l'histoire de Causette : Les Éditions Gynéthic, la maison fondatrice de 2009, et Causette Media, l'entité rattachée au groupe Hildegarde qui a repris le titre en 2018. Les bases d'information d'entreprise font circuler des numéros SIREN pour l'une et pour l'autre, avec des libellés qui se recoupent partiellement (on trouve par exemple une fiche « Les Éditions Gynéthic (Causette) »). Nous ne trancherons pas ici sur laquelle porte votre contrat d'abonnement : c'est précisément le genre de détail que vous devez lire sur votre propre facture ou votre relevé bancaire, où figure le libellé exact du créancier prélevant.
Cette vérification n'est pas de la coquetterie juridique. Si vous déclarez une créance à la mauvaise procédure, ou si vous écrivez au liquidateur d'une société qui n'est pas celle qui vous a prélevé, votre démarche est vide.
2. Pourquoi on ne « résilie » pas Causette : vous êtes créancier, pas abonné mécontent
C'est le point que la plupart des pages de résiliation ratent, et c'est pourtant le cœur du sujet. Un abonnement Causette souscrit avant 2024 est un contrat à exécution successive : vous payez, l'éditeur livre un magazine ou un accès numérique. Depuis la liquidation du 6 juin 2024, la contrepartie n'est plus fournie. On n'est plus dans une logique de résiliation à échéance avec préavis — on est dans l'inexécution.
Le Code civil organise très clairement les suites de l'inexécution :
- Article 1217 du Code civil — la partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté peut notamment refuser d'exécuter sa propre obligation (ne plus payer), provoquer la résolution du contrat, et demander réparation. Ces sanctions peuvent se cumuler quand elles ne sont pas incompatibles.
- Article 1224 du Code civil — la résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire, soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur, soit d'une décision de justice. Un magazine qui ne paraît plus et un accès numérique qui n'est plus servi constituent une inexécution suffisamment grave.
- Article 1226 du Code civil — la résolution par notification suppose en principe une mise en demeure préalable restée sans effet, et la notification doit mentionner les motifs de la résolution. D'où l'intérêt d'une lettre recommandée écrite proprement plutôt que d'un email vague.
- Article 1229 du Code civil — lorsque les prestations échangées ne trouvaient leur utilité que par l'exécution complète du contrat, les parties restituent l'intégralité de ce qu'elles se sont procuré. Pour un abonnement, la restitution est logiquement calculée au prorata de la période non servie.
Traduction concrète : vous n'écrivez pas « je souhaite résilier mon abonnement ». Vous écrivez « je constate l'inexécution du contrat depuis le [date], je notifie sa résolution sur le fondement des articles 1224 et 1226 du Code civil, et je réclame la restitution de [montant] correspondant à la période payée et non servie ». Ce n'est pas la même lettre, et ce n'est pas le même effet juridique.
La différence pratique est importante. Une résiliation classique arrête le contrat pour l'avenir et vous laisse avec ce qui a été payé. Une résolution pour inexécution vous permet de réclamer le remboursement des sommes versées pour la période non servie — typiquement, les mois d'abonnement postérieurs à l'arrêt du papier d'octobre 2023 pour un abonné papier, ou postérieurs à juin 2024 pour un abonné numérique.
Mais soyons honnêtes sur ce que vaut cette créance. Une fois la liquidation ouverte, vous ne pouvez plus poursuivre l'éditeur en paiement devant un tribunal ordinaire : c'est le principe de l'arrêt des poursuites individuelles, qui s'impose à tous les créanciers dès le jugement d'ouverture. Votre créance rentre dans le rang des créances de la procédure collective. Nous détaillons plus bas comment la déclarer, et ce que vous pouvez raisonnablement en espérer — c'est-à-dire, disons-le tout de suite, peu.
3. Stopper le prélèvement Causette : quatre leviers à ne surtout pas confondre
Si un prélèvement libellé Causette, Causette Media ou Éditions Gynéthic passe encore sur votre compte, c'est votre urgence numéro un. Chaque mois qui passe est un mois d'argent que vous devrez ensuite réclamer à une société liquidée — autant dire un mois perdu. Voici les quatre leviers, avec leurs fondements exacts et leurs délais, qui n'ont rien à voir entre eux.
| Levier | Fondement | Délai | Effet réel |
|---|---|---|---|
| Révocation du mandat de prélèvement SEPA | Démarche auprès de votre banque et/ou du créancier | À tout moment, pour l'avenir | Stoppe le flux bancaire. N'éteint PAS la dette contractuelle |
| Remboursement d’une opération autorisée au montant imprévisible | Article L. 133-25 du Code monétaire et financier | 8 semaines à compter du débit | Recrédit de l'opération contestée si les conditions sont réunies |
| Contestation d’une opération NON autorisée | Article L. 133-24 du Code monétaire et financier | 13 mois à compter de la date de débit | Signalement obligatoire sans tarder ; ouvre le régime de remboursement |
| Rétrofacturation carte bancaire (chargeback) | Règles des réseaux Visa / Mastercard, pas la loi | Variable selon le réseau et la banque émettrice | Recrédit possible pour service non rendu, sans garantie |
L'erreur la plus répandue : croire que révoquer le mandat SEPA « annule » l'abonnement Causette. Faux, et c'est un piège. La révocation coupe le robinet bancaire pour l'avenir, mais elle ne résout pas le contrat et n'efface pas les échéances déjà exigibles. Un créancier — ou un liquidateur qui recouvre les créances de la société liquidée — reste théoriquement fondé à réclamer les sommes contractuellement dues. Il faut donc TOUJOURS doubler l'arrêt bancaire d'une notification écrite de résolution du contrat.
Sur l'article L. 133-25 du Code monétaire et financier, la nuance mérite d'être comprise. Ce texte vise le remboursement d'une opération de paiement autorisée, initiée par le bénéficiaire — c'est exactement le cas d'un prélèvement d'abonnement —, lorsque le montant n'était pas prévisible pour le payeur au vu de ses dépenses antérieures et des circonstances. Le délai pour présenter la demande est de huit semaines à compter de la date de débit. Ce n'est donc pas un droit de repentir général : c'est un régime lié au caractère imprévisible du montant.
À ne pas confondre avec la règle interbancaire du schéma SEPA Core, qui permet en pratique aux banques d'accorder un remboursement « sans question » dans un délai de huit semaines. Cette facilité relève des règles de fonctionnement du schéma de prélèvement européen, pas d'une disposition du Code monétaire et financier. Elle existe, elle est utile, mais ne la présentez pas comme un droit légal opposable devant un juge : ce n'est pas la même chose.
Sur l'article L. 133-24 du Code monétaire et financier : il vise l'hypothèse d'une opération non autorisée ou mal exécutée. Vous n'y êtes que si le prélèvement a été passé sans mandat valide de votre part — par exemple si votre mandat avait expiré, ou si vous n'avez jamais signé de mandat au profit de l'entité qui vous prélève. Le texte impose de signaler l'opération sans tarder et au plus tard dans les treize mois suivant la date de débit. Si vous découvrez tardivement des prélèvements Causette postérieurs à juin 2024, c'est le délai qui vous concerne — vérifiez donc vos relevés avant qu'il ne soit trop tard.
Sur le chargeback carte, un mot de prudence. Si votre abonnement Causette était payé par carte bancaire et non par prélèvement SEPA, vous pouvez demander à votre banque émettrice d'engager une procédure de rétrofacturation pour service non rendu. C'est un droit contractuel issu des règles des réseaux de cartes, pas une disposition du Code de la consommation ni du Code monétaire et financier. Les délais et les motifs recevables dépendent du réseau et de votre banque : demandez-les explicitement, par écrit, plutôt que de supposer.
Ordre d'action recommandé, dans la journée : (1) relevé bancaire sous les yeux, identifiez le libellé exact du créancier et l'Identifiant Créancier SEPA figurant sur le prélèvement ; (2) demandez à votre banque la révocation du mandat par écrit, et gardez la confirmation ; (3) dans le même mouvement, examinez si un remboursement est encore ouvert au titre des huit semaines ; (4) seulement ensuite, écrivez au liquidateur.
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4. Déclarer sa créance au mandataire liquidateur : la vraie démarche depuis juin 2024
C'est ici que le guide diverge radicalement d'une page de résiliation ordinaire. Depuis le jugement du 6 juin 2024, l'abonné qui a payé sans recevoir n'est plus un client : c'est un créancier d'une procédure collective. Et un créancier qui ne se déclare pas n'existe pas dans la procédure.
Le fondement. L'article L. 622-24 du Code de commerce impose à tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture d'adresser la déclaration de leurs créances au mandataire judiciaire. Ce texte, écrit pour la sauvegarde, s'applique à la liquidation judiciaire par l'effet des renvois du livre VI du Code de commerce, notamment de l'article L. 641-3. Autrement dit : oui, la déclaration de créance s'impose aussi dans une liquidation comme celle de Causette.
Le délai. Il est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, en application de l'article R. 622-24 du Code de commerce — délai porté à quatre mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine. Pour la liquidation de Causette prononcée le 6 juin 2024, ce délai est donc largement expiré à la date de rédaction de ce guide.
Délai dépassé ? Tout n'est pas nécessairement perdu, mais la voie se rétrécit. L'article L. 622-26 du Code de commerce permet de demander au juge-commissaire un relevé de forclusion, à condition d'établir que la défaillance n'est pas due à votre fait — typiquement, si vous n'aviez pas été porté sur la liste des créanciers remise par le dirigeant et que rien ne vous a informé de la procédure. C'est une demande motivée, elle n'est pas automatique, et elle est elle-même enfermée dans un délai. Si vos prélèvements Causette portent sur des montants significatifs, faites-vous accompagner.
Comment retrouver le nom et l'adresse du liquidateur de Causette. C'est une information publique, gratuite, et il n'y a aucune raison de la payer à un site tiers :
- bodacc.fr — le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales publie l'avis de jugement d'ouverture. C'est la source de référence : l'annonce mentionne le tribunal, la date du jugement, et l'identité du mandataire liquidateur désigné. Recherchez la dénomination exacte relevée sur votre relevé bancaire, pas le mot « Causette » seul.
- annuaire-entreprises.data.gouv.fr — le service public d'information sur les entreprises agrège les données du registre et affiche les procédures collectives publiées au BODACC pour l'entité recherchée. C'est le moyen le plus rapide de confirmer le SIREN correspondant au libellé de votre prélèvement.
- infogreffe.fr — le portail des greffes des tribunaux de commerce permet de consulter la fiche de la société et l'état de la procédure. Le greffe compétent ici est celui de Paris, la liquidation ayant été prononcée par le tribunal de commerce de Paris.
- pappers.fr — agrégateur privé de données publiques, pratique pour croiser rapidement dénomination, SIREN et publications BODACC. À utiliser comme confirmation, jamais comme source unique.
Ce que doit contenir votre déclaration de créance. L'identité complète du créancier — vous —, le montant de la créance échue et à échoir, sa nature, et les éléments qui la justifient. Concrètement, pour un abonnement Causette : votre numéro d'abonné s'il figure sur vos documents, la copie de la confirmation d'abonnement, les relevés bancaires prouvant chaque prélèvement, et le calcul de la période payée non servie. Un tableau simple à trois colonnes — date du prélèvement, montant, service effectivement rendu — vaut mieux qu'un long paragraphe.
Le réalisme, parce que vous le méritez : un abonné de presse est un créancier chirographaire, c'est-à-dire sans garantie ni privilège. Dans une liquidation judiciaire prononcée sans poursuite de l'activité, comme celle de Causette le 6 juin 2024, les fonds disponibles servent d'abord les créanciers privilégiés — salaires, organismes sociaux, Trésor public, créanciers munis de sûretés. Les chirographaires passent en dernier et repartent très souvent avec zéro. Déclarer votre créance reste la bonne démarche, ne serait-ce que pour ne pas vous fermer la porte, mais n'attendez pas de chèque. La bataille utile, c'est celle du prélèvement à arrêter, pas celle du remboursement à espérer.
5. Le droit de rétractation existe bien pour un abonnement presse — l'angle que tout le monde rate
Cette section s'adresse aux lecteurs qui ne sont pas dans le cas liquidation : vous venez de souscrire un abonnement à un magazine, vous regrettez, et on vous a dit que la presse était exclue du droit de rétractation. C'est une demi-vérité qui coûte cher.
L'article L. 221-28 du Code de la consommation liste les exceptions au droit de rétractation dans les contrats conclus à distance ou hors établissement. Parmi elles figure bien la fourniture d'un journal, d'un périodique ou d'un magazine — mais le texte réserve expressément les contrats d'abonnement à ces publications. Autrement dit : l'exception vise le numéro acheté à l'unité, pas l'abonnement.
Conséquence directe et méconnue : un abonnement à un magazine souscrit en ligne ou par téléphone ouvre bien un droit de rétractation de quatorze jours au titre de l'article L. 221-18 du Code de la consommation. Pour un contrat de fourniture de biens, ce délai court à compter de la réception du bien — soit, pour un abonnement papier, la réception du premier numéro. Beaucoup de services abonnements refusent la rétractation en invoquant « la presse est exclue ». Citez-leur la réserve du texte.
Et si on ne vous a pas informé de ce droit ? L'article L. 221-20 du Code de la consommation prolonge alors le délai de rétractation de douze mois à compter de l'expiration du délai initial de quatorze jours. Si l'information est fournie pendant cette prolongation, le délai de quatorze jours court à compter de la réception de cette information. C'est un levier très puissant, rarement exploité par les abonnés : un vendeur d'abonnement qui a été négligent sur l'information précontractuelle vous laisse, en pratique, plus d'un an pour vous rétracter.
Pourquoi cela reste pertinent dans le dossier Causette. Si vous avez souscrit un abonnement dans les mois qui ont précédé la cessation des paiements du 22 mai 2024 sans jamais recevoir l'information sur votre droit de rétractation, ce fondement s'ajoute à celui de l'inexécution. Il ne changera pas le sort d'une créance chirographaire dans la liquidation, mais il renforce la qualification de votre demande de restitution intégrale plutôt qu'au prorata.
Attention à ne pas tout mélanger. Le droit de rétractation de quatorze jours concerne les contrats conclus à distance ou hors établissement. Un abonnement souscrit sur un stand, lors d'un salon, ou par démarchage téléphonique en relève. Un abonnement souscrit au guichet d'un point de vente physique, en revanche, n'ouvre pas ce droit — c'est une vente en établissement.
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6. Reconduction tacite, information annuelle et résiliation en trois clics
Deuxième bloc pour les lecteurs hors cas liquidation : les règles de la reconduction tacite, souvent appelées à tort « loi Châtel assurance », qui n'a rien à voir. Le régime applicable à un abonnement de presse figure aux articles L. 215-1 et suivants du Code de la consommation.
| Texte | Ce qu’il impose | Sanction en cas de manquement |
|---|---|---|
| Article L. 215-1 c. conso | Information écrite du consommateur, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction | Résiliation possible à tout moment à compter de la date de reconduction, sans pénalité |
| Article L. 215-1 c. conso (suite) | Remboursement des sommes versées après la dernière date de reconduction | Remboursement dû, majoré d'intérêts au taux légal en cas de retard |
| Article L. 215-3 c. conso | Extension du dispositif aux contrats conclus entre professionnels et non-professionnels | Mêmes effets pour une association ou un comité d'entreprise abonné |
| Article L. 215-1-1 c. conso | Résiliation par voie électronique, en quelques clics, pour les contrats conclus par voie électronique | Fonctionnalité obligatoire, gratuite et accessible en permanence |
Correction utile : de nombreux guides de résiliation écrivent « information entre trois mois et quinze jours avant l'échéance ». Ce n'est pas ce que dit l'article L. 215-1 du Code de la consommation, qui retient une fenêtre allant d'au plus tôt trois mois à au plus tard un mois avant le terme. Vérifiez le calendrier réel de votre abonnement à partir de ce délai d'un mois, pas de quinze jours.
L'article L. 215-1-1 du Code de la consommation — la fameuse « résiliation en trois clics », issue de la transposition du droit de l'Union — impose au professionnel qui permet la conclusion d'un contrat par voie électronique de mettre à disposition une fonctionnalité gratuite et permanente de résiliation en ligne. Pour un abonnement numérique souscrit sur le site d'un magazine, c'est le parcours à privilégier : il est daté, tracé, et il vous évite un recommandé.
Le cas Causette illustre précisément la limite de ce dispositif. Une fonctionnalité de résiliation en ligne ne vous sert à rien si l'espace abonné n'est plus maintenu, ce qui est le sort ordinaire d'un service dont l'exploitant a été liquidé sans poursuite d'activité le 6 juin 2024. C'est exactement pour ces situations que la voie écrite — recommandé au liquidateur, doublé de la révocation bancaire — reste indispensable.
7. À qui écrire, et pourquoi nous ne publions PAS d'adresse Causette
Soyons directs : nous ne vous donnons volontairement aucune adresse postale du service abonnements de Causette, et c'est un choix éditorial assumé.
La raison. L'entité éditrice est en liquidation judiciaire depuis le 6 juin 2024, prononcée sans poursuite de l'activité. Dans cette situation, les locaux sont rendus, le courrier n'est plus relevé et le service abonnements n'existe plus en tant qu'organisation. Publier une adresse « service abonnements Causette » reviendrait à vous faire dépenser le prix d'un recommandé pour un pli qui reviendrait avec la mention « n'habite pas à l'adresse indiquée ».
Une adresse à Chantilly, associée à un prestataire de gestion d'abonnements, a circulé sur plusieurs annuaires de résiliation en la présentant comme celle de Causette. Nous n'avons trouvé aucune source officielle 2025-2026 la confirmant, et le rapprochement paraît provenir d'un modèle générique recopié d'un autre titre de presse. Ne l'utilisez pas. De manière générale, un site concurrent de résiliation n'est jamais une source acceptable pour une adresse.
Le seul destinataire pertinent aujourd'hui, c'est le mandataire liquidateur désigné par le tribunal de commerce de Paris dans le jugement du 6 juin 2024. Son nom et son adresse professionnelle figurent dans l'annonce publiée au BODACC — c'est-à-dire dans un document officiel, gratuit et consultable en ligne, pas dans un annuaire commercial. Reportez-vous à la section précédente pour la méthode de recherche.
Les deux vérifications à faire avant d'écrire, dans l'ordre :
- Relevez le libellé exact du créancier sur votre relevé bancaire. C'est la dénomination sociale qui vous permettra de retrouver la bonne procédure. Notez également l'Identifiant Créancier SEPA associé au prélèvement : c'est l'identifiant unique du créancier, il ne ment pas.
- Recherchez cette dénomination sur bodacc.fr ou annuaire-entreprises.data.gouv.fr. Vous y trouverez l'état de la procédure à jour — y compris, le cas échéant, une éventuelle clôture postérieure à nos recherches — et l'identité du mandataire.
- Conservez vos propres documents d'abonnement : bulletin, facture, email de confirmation, étiquette d'expédition du dernier numéro papier reçu. Ce sont les seules pièces qui rattachent nommément votre contrat à une entité identifiée.
- N'écrivez pas à la rédaction ni aux comptes sociaux du titre. Une rédaction dont l'activité s'est arrêtée en juin 2024 n'a ni le pouvoir ni les moyens de traiter votre demande de remboursement. Le liquidateur, lui, a une mission légale.
Si vos recherches BODACC révèlent qu'un repreneur a finalement été homologué après la date de rédaction de ce guide, l'analyse change : le contrat d'abonnement a pu, ou non, être repris parmi les contrats cédés. Demandez alors par écrit au repreneur s'il a repris les engagements d'abonnement, et sur quel périmètre. Une reprise d'actifs n'emporte pas automatiquement reprise des dettes envers les abonnés.
8. Modèle de lettre Causette : résolution pour inexécution et déclaration de créance
Ce modèle est écrit pour la situation réelle d'un abonné Causette en 2026 : un contrat inexécuté et un éditeur liquidé. Il combine la notification de résolution fondée sur le Code civil et les éléments d'une déclaration de créance. Adaptez les passages entre crochets et joignez systématiquement vos relevés bancaires.
[Vos nom et prénom] [Votre adresse complète] [Code postal et ville] [Email et téléphone] [Nom du mandataire liquidateur relevé au BODACC] [Adresse professionnelle du mandataire] Objet : Abonnement au magazine Causette — notification de résolution pour inexécution et déclaration de créance Dossier : [dénomination exacte du créancier figurant sur mon relevé bancaire] — liquidation judiciaire prononcée le 6 juin 2024 par le tribunal de commerce de Paris Lettre recommandée avec accusé de réception Madame, Monsieur le Mandataire, Je suis titulaire d’un abonnement au magazine Causette souscrit le [date de souscription], sous le numéro d’abonné [numéro figurant sur votre bulletin, votre facture ou votre espace abonné], au tarif de [montant] € par [mois / an], réglé par [prélèvement SEPA / carte bancaire] au bénéfice de [dénomination exacte relevée sur le relevé bancaire]. 1. Inexécution constatée Le magazine a cessé de paraître en version papier avec le numéro 148 daté d’octobre 2023. La société éditrice a été placée en liquidation judiciaire le 6 juin 2024, sans poursuite de l’activité. Depuis le [date de la dernière prestation effectivement reçue], je n’ai reçu aucun numéro ni bénéficié d’aucun accès numérique, alors que les prélèvements se sont poursuivis jusqu’au [date du dernier prélèvement]. 2. Notification de la résolution du contrat En conséquence, et après avoir vainement attendu l’exécution des prestations dues, je vous notifie par la présente la résolution du contrat d’abonnement, sur le fondement des articles 1217, 1224 et 1226 du Code civil. L’inexécution est totale et persistante depuis le [date], ce qui la rend suffisamment grave au sens de l’article 1224 du Code civil. Je sollicite en conséquence, sur le fondement de l’article 1229 du Code civil, la restitution des sommes versées correspondant à la période payée et non servie, soit [montant total] €, selon le détail suivant : [Date du prélèvement] — [montant] € — aucun numéro ni accès fourni [Date du prélèvement] — [montant] € — aucun numéro ni accès fourni [Date du prélèvement] — [montant] € — aucun numéro ni accès fourni 3. Déclaration de créance La présente vaut déclaration de créance au sens de l’article L. 622-24 du Code de commerce, applicable à la liquidation judiciaire. Le montant de ma créance, de nature chirographaire, s’élève à [montant total] €, échue à ce jour. [Si le délai de deux mois de l’article R. 622-24 du Code de commerce est expiré, ajouter :] N’ayant reçu aucune information relative à l’ouverture de la procédure et ne figurant pas, à ma connaissance, sur la liste des créanciers remise par le débiteur, je sollicite le bénéfice d’un relevé de forclusion sur le fondement de l’article L. 622-26 du Code de commerce, ma défaillance n’étant pas due à mon fait. 4. Arrêt des prélèvements J’ai parallèlement demandé à mon établissement bancaire la révocation du mandat de prélèvement correspondant, en date du [date]. Je vous demande de veiller à ce qu’aucun prélèvement ne soit plus présenté au titre de cet abonnement. Pièces jointes : copie de la confirmation d’abonnement ; relevés bancaires faisant apparaître chaque prélèvement contesté ; copie de la demande de révocation du mandat adressée à ma banque ; [le cas échéant, copie de l’étiquette d’expédition du dernier numéro reçu]. Je vous remercie de bien vouloir m’accuser réception de la présente et de me confirmer l’inscription de ma créance à l’état des créances. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Mandataire, l’expression de mes salutations distinguées. Fait à [Ville], le [Date] [Signature manuscrite]
Variante utile : si vos recherches BODACC montrent qu'un repreneur a été homologué et exploite de nouveau le titre, remplacez la partie 3 par une demande écrite adressée au repreneur, lui demandant de préciser s'il a repris les contrats d'abonnement en cours et selon quel périmètre. Conservez sa réponse : elle déterminera si votre interlocuteur est le repreneur ou le liquidateur.
10. Recours possibles, et ce que vous pouvez raisonnablement espérer
Terminons par ce que peu de guides osent écrire : une évaluation honnête de vos chances, et la liste des recours qui servent encore à quelque chose.
- Votre banque, en premier. C'est le seul acteur qui peut agir immédiatement et concrètement sur votre argent. Révocation du mandat, examen d'un remboursement au titre de l'article L. 133-25 du Code monétaire et financier, ou rétrofacturation carte selon le mode de paiement. Demandez tout par écrit et gardez les réponses.
- Le mandataire liquidateur. Il a une mission légale et un devoir de réponse dans le cadre de la procédure. C'est votre interlocuteur pour l'inscription de la créance à l'état des créances, même si le paiement final est incertain.
- SignalConso (signal.conso.gouv.fr). Le service de signalement de la DGCCRF permet de documenter un prélèvement pour service non rendu. Cela n'obtient pas votre remboursement, mais cela alimente les statistiques de contrôle et laisse une trace datée de votre réclamation.
- Service-public.fr. La fiche officielle sur la liquidation judiciaire et la déclaration de créance vous donne le formalisme exact et les formulaires. C'est gratuit, à jour, et cela vous évitera d'acheter un modèle payant ailleurs.
- Le médiateur bancaire, si votre banque refuse d'examiner votre demande de remboursement sans motiver son refus. Il est gratuit, et ses coordonnées figurent sur vos relevés de compte.
Ce qui ne vous servira à rien, autant le dire : saisir un médiateur de la consommation pour un litige avec Causette, alors que la société est liquidée et sans activité depuis le 6 juin 2024, n'aboutira pas — il n'y a plus de professionnel en face pour participer à une médiation. Assigner devant un tribunal ordinaire se heurte au principe de l'arrêt des poursuites individuelles applicable dès l'ouverture de la procédure collective. Concentrez votre énergie sur la banque et sur la déclaration de créance.
Sur les délais pour agir. L'action d'un consommateur contre un professionnel se prescrit par cinq ans à compter du jour où il a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir, en application de l'article 2224 du Code civil. Ne confondez pas avec le délai de deux ans de l'article L. 218-2 du Code de la consommation, qui vise l'action des professionnels pour les biens et services fournis aux consommateurs — c'est-à-dire l'inverse de votre situation.
Le mot de la fin, sans faux espoir. Si vous étiez abonné à Causette et que vous avez payé plusieurs mois sans rien recevoir, votre créance est légitime et votre démarche est fondée. Elle a toutes les chances de rester impayée, parce qu'un abonné de presse est un créancier chirographaire dans une liquidation prononcée sans poursuite d'activité. Ce que vous pouvez gagner à coup sûr, en revanche, c'est l'arrêt du prélèvement — et sur un abonnement à quelques euros par mois qui court depuis juin 2024, cela représente déjà l'essentiel de l'enjeu. Faites-le aujourd'hui plutôt que le mois prochain.
11. Les 7 erreurs à éviter absolument
Voici les erreurs les plus fréquentes qui font échouer une résiliation Causette. Évitez-les soigneusement.
❌ Envoyer une lettre de résiliation classique « avec préavis de 30 jours » au service abonnements. Il n'y a plus de service abonnements : la liquidation du 6 juin 2024 a été prononcée sans poursuite de l'activité. Votre courrier reviendra ou restera sans réponse. La bonne lettre est une notification de résolution pour inexécution adressée au mandataire liquidateur.
❌ Croire que révoquer le mandat SEPA vaut résiliation. La révocation stoppe le flux bancaire pour l'avenir, elle n'éteint pas la dette contractuelle. Faites systématiquement les deux : révocation côté banque et notification écrite de résolution du contrat.
❌ Laisser filer les délais bancaires. Huit semaines à compter du débit pour l'article L. 133-25 du Code monétaire et financier, treize mois pour l'article L. 133-24. Sur des prélèvements Causette qui courent depuis 2024, chaque mois d'attente ferme définitivement une échéance. C'est le seul levier qui rapporte vraiment de l'argent : ne le laissez pas expirer.
❌ Recopier l'adresse « Chantilly » trouvée sur un annuaire de résiliation. Aucune source officielle 2025-2026 ne la confirme pour Causette, et elle semble provenir d'un modèle générique recopié d'un autre titre. Un site concurrent n'est jamais une source acceptable pour une adresse postale.
❌ Saisir un médiateur de la consommation contre Causette. Il n'y a plus de professionnel en activité pour participer à une médiation depuis juin 2024. De même, assigner devant un tribunal ordinaire se heurte à l'arrêt des poursuites individuelles applicable dès l'ouverture de la procédure collective.
❌ Déclarer sa créance sans justificatifs chiffrés. Une déclaration au liquidateur sans relevés bancaires, sans numéro d'abonné et sans décompte des périodes payées non servies a très peu de chances d'être admise à l'état des créances. Le tableau à trois colonnes — date, montant, service rendu — est le minimum.
❌ Confondre les délais de prescription. Le délai de deux ans de l'article L. 218-2 du Code de la consommation vise l'action des professionnels contre les consommateurs. Votre propre action relève des cinq ans de l'article 2224 du Code civil.
⚖️ Loi DDADUE 2023 — Et la résiliation en 3 clics ?
L'article L. 215-1-1 du Code de la consommation impose une fonctionnalité de résiliation en ligne, gratuite et permanente, pour les contrats conclus par voie électronique. Un abonnement numérique à Causette souscrit sur le site relevait bien de ce texte. Mais le cas Causette illustre parfaitement la limite du dispositif : une fonctionnalité de résiliation en trois clics ne sert à rien lorsque l'espace abonné n'est plus maintenu, ce qui est le sort ordinaire d'un service dont l'exploitant a été liquidé sans poursuite d'activité le 6 juin 2024. C'est précisément pour ces situations que la voie écrite reste indispensable : révocation du mandat de prélèvement auprès de votre banque, puis courrier recommandé au mandataire liquidateur valant notification de résolution du contrat et déclaration de créance.
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« J'avais écrit deux fois au service abonnements sans réponse. Ce guide m'a fait comprendre pourquoi : la société était liquidée depuis juin 2024, il n'y avait plus personne. J'ai retrouvé le nom du mandataire sur le BODACC en dix minutes et envoyé un recommandé au bon destinataire. »
Questions fréquentes sur la résiliation Causette
Causette existe-t-il encore en 2026 ?
La société éditrice a été placée en liquidation judiciaire le 6 juin 2024 par le tribunal de commerce de Paris, sans poursuite de l'activité, après une déclaration de cessation des paiements le 22 mai 2024. Une reprise par Melody Madar, fondatrice des Éclaireuses, avait été homologuée en juillet 2024, mais la cour d'appel de Paris l'a annulée le 24 janvier 2025 pour irrégularité de la procédure d'attribution. Au terme de nos recherches en août 2026, nous n'avons trouvé aucune annonce publique confirmant un repreneur définitif ni une reprise de parution. Vérifiez l'état à jour sur bodacc.fr.
Je suis encore prélevé(e) pour Causette alors que je ne reçois plus rien : que faire en premier ?
Votre premier geste est bancaire, pas postal. Demandez à votre banque, par écrit, la révocation du mandat de prélèvement SEPA correspondant. Cela stoppe le flux immédiatement. Examinez ensuite si un remboursement est encore ouvert : huit semaines à compter du débit au titre de l'article L. 133-25 du Code monétaire et financier si le montant n'était pas prévisible, ou treize mois au titre de l'article L. 133-24 si l'opération n'était pas autorisée. Ce n'est qu'après que vous écrivez au mandataire liquidateur.
Puis-je encore « résilier » mon abonnement Causette ?
Juridiquement, la question ne se pose plus dans ces termes. Depuis la liquidation du 6 juin 2024, le contrat n'est plus exécuté : vous n'êtes pas dans une résiliation à échéance, mais dans une inexécution. Vous notifiez la résolution du contrat sur le fondement des articles 1224 et 1226 du Code civil, et vous demandez la restitution des sommes correspondant à la période payée et non servie au titre de l'article 1229. C'est une lettre différente, avec des effets différents.
Révoquer le mandat SEPA suffit-il à mettre fin à mon abonnement Causette ?
Non, et c'est un piège classique. La révocation du mandat coupe le flux bancaire pour l'avenir, mais elle n'éteint pas la dette contractuelle : les échéances déjà exigibles restent théoriquement dues, et un liquidateur qui recouvre les créances de la société liquidée peut en principe les réclamer. Il faut donc toujours combiner les deux gestes : révocation bancaire d'un côté, notification écrite de résolution du contrat de l'autre.
Comment retrouver le nom du liquidateur de Causette ?
L'information est publique et gratuite. Relevez d'abord le libellé exact du créancier sur votre relevé bancaire — Causette Media, Éditions Gynéthic, ou une autre dénomination selon la période de votre abonnement. Recherchez ensuite cette dénomination sur bodacc.fr, qui publie l'avis du jugement d'ouverture avec l'identité du mandataire liquidateur, ou sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr, qui agrège ces publications par entreprise. Infogreffe et Pappers permettent de recouper. Ne payez jamais cette information à un site tiers.
Le délai de deux mois pour déclarer ma créance est dépassé, ai-je encore un recours ?
Le délai de déclaration est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, en application de l'article R. 622-24 du Code de commerce — quatre mois si vous êtes domicilié hors de France métropolitaine. Pour la liquidation de Causette prononcée le 6 juin 2024, il est expiré. Vous pouvez néanmoins demander un relevé de forclusion au juge-commissaire sur le fondement de l'article L. 622-26 du Code de commerce, en établissant que votre défaillance n'est pas due à votre fait — par exemple si vous n'aviez jamais été informé de la procédure.
Vais-je vraiment être remboursé(e) de mes prélèvements Causette ?
Soyons honnêtes : c'est peu probable par la voie de la procédure collective. Un abonné de presse est un créancier chirographaire, sans garantie ni privilège. Dans une liquidation prononcée sans poursuite d'activité comme celle du 6 juin 2024, les fonds disponibles servent d'abord les salaires, les organismes sociaux, le Trésor public et les créanciers munis de sûretés. Vos vraies chances de récupérer de l'argent passent par votre banque, dans les délais des articles L. 133-24 et L. 133-25 du Code monétaire et financier, ou par une rétrofacturation carte.
Le droit de rétractation de 14 jours s'applique-t-il à un abonnement magazine ?
Oui, et c'est largement ignoré. L'article L. 221-28 du Code de la consommation exclut du droit de rétractation la fourniture d'un journal, d'un périodique ou d'un magazine, mais il réserve expressément les contrats d'abonnement à ces publications. L'exception vise donc le numéro acheté à l'unité, pas l'abonnement. Vous disposez bien des quatorze jours de l'article L. 221-18, et l'article L. 221-20 prolonge ce délai de douze mois si l'information sur ce droit ne vous a pas été donnée.
Pourquoi ce guide ne donne-t-il aucune adresse postale pour Causette ?
Parce qu'aucune source officielle 2025-2026 n'en confirme une qui soit encore active. L'entité éditrice est liquidée sans poursuite d'activité depuis le 6 juin 2024 : les locaux sont rendus et le courrier n'est plus relevé. Une adresse à Chantilly rattachée à un prestataire de gestion d'abonnements circule sur des annuaires de résiliation, sans confirmation officielle et vraisemblablement recopiée d'un autre titre — ne l'utilisez pas. Le seul destinataire pertinent est le mandataire liquidateur, dont l'adresse figure au BODACC.
J'avais souscrit Causette via une plateforme de presse ou un kiosque numérique : la démarche est-elle la même ?
Non, et cela vous simplifie beaucoup la vie. Si vous êtes passé par un kiosque numérique, l'App Store ou Google Play, votre contrat vous lie à la plateforme, pas à l'éditeur liquidé. Résiliez directement chez elle : sur iOS via Réglages puis Abonnements, sur Android via le Google Play Store, sur une plateforme web depuis votre compte. C'est à elle que vous demandez le remboursement d'une période facturée sans contenu, puisque c'est elle qui vous a facturé.
✅ Ce qu'il faut retenir
- 1Causette est en liquidation judiciaire depuis le 6 juin 2024, sans poursuite d'activité : il n'y a plus de service abonnements à qui écrire une lettre de résiliation classique.
- 2Priorité absolue : faire révoquer le mandat de prélèvement auprès de votre banque, puis examiner les délais de 8 semaines (article L. 133-25 CMF) et de 13 mois (article L. 133-24 CMF). C'est le seul levier qui récupère réellement de l'argent.
- 3Le contrat n'étant plus exécuté, vous notifiez la résolution pour inexécution sur le fondement des articles 1224 et 1226 du Code civil, avec restitution au titre de l'article 1229 — pas une résiliation à échéance.
- 4Déclarez votre créance au mandataire liquidateur (article L. 622-24 du Code de commerce ; délai de 2 mois après publication au BODACC selon l'article R. 622-24, relevé de forclusion possible via l'article L. 622-26). Son nom se trouve gratuitement sur bodacc.fr.
- 5Aucune adresse postale n'est publiée dans ce guide : celle qui circule sur les annuaires de résiliation n'est confirmée par aucune source officielle 2025-2026, et le seul destinataire pertinent est le liquidateur identifié au BODACC.
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« Ce que j'ai apprécié, c'est qu'on m'a dit franchement que je ne serais probablement pas remboursée par la procédure. Du coup j'ai concentré mes efforts sur la banque au lieu de perdre du temps. Le modèle de lettre m'a servi pour la déclaration de créance, envoyée par acquit de conscience. »
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9. Comment envoyer votre courrier au liquidateur de Causette
Dans un dossier de procédure collective, la preuve d'envoi n'est pas un confort : c'est la condition même de l'opposabilité de votre déclaration de créance. Voici les trois canaux possibles.
Recommandation pour le dossier Causette : privilégiez le recommandé papier avec accusé de réception. Vous écrivez à un mandataire judiciaire dans une procédure ouverte le 6 juin 2024, où la date et la preuve de réception de votre déclaration peuvent être discutées. L'accusé de réception signé est la pièce qui vous protège. LettreXpress vous évite le déplacement tout en produisant un vrai recommandé La Poste, avec l'AR scanné dans votre espace.
Quoi que vous choisissiez, conservez trois pièces : la copie intégrale et signée de votre lettre, le récépissé d'envoi, et l'accusé de réception une fois revenu. Ajoutez-y la confirmation écrite de révocation du mandat obtenue de votre banque. Ces quatre documents constituent l'intégralité de votre dossier, et ils suffisent.
Un mot sur le timing. Contrairement à une résiliation d'abonnement ordinaire, où poster trente-cinq jours avant l'échéance est un bon réflexe, il n'y a ici aucune raison d'attendre. Chaque semaine supplémentaire éloigne un peu plus vos prélèvements du délai de huit semaines de l'article L. 133-25 du Code monétaire et financier, et rapproche les plus anciens du plafond de treize mois de l'article L. 133-24. Le calendrier joue contre vous.