
📰 Presse et magazines
Comment résilier Madame Figaro ? La méthode exacte (et la question à trancher avant d’écrire)
Guide complet 2026 : pourquoi Madame Figaro ne se résilie pas seul, comment savoir si votre cocontractant est l’éditeur ou un courtier, la vraie règle de la loi Chatel en presse (au plus tôt 3 mois, au plus tard 1 mois), le droit de rétractation de 14 jours qui s’applique bien aux abonnements, l’adresse vérifiée et un modèle de lettre à six options

Supplément féminin hebdomadaire de l’édition du week-end du Figaro
Type de publication
1980
Première parution
SOCIETE DU FIGARO — SIREN 542 077 755 (annuaire-entreprises.data.gouv.fr)
Éditeur
23-25 rue de Provence, 75438 Paris Cedex 09 (fiche ACPM du titre)
Adresse du titre
394 901 exemplaires — diffusion totale 402 258 (ACPM / OJD)
Diffusion France payée 2025
836 000 lecteurs 15 ans et plus, dont 531 000 femmes (ACPM / OneNext)
Audience 2026 S1
💬 Chaque week-end, Madame Figaro arrive avec le journal, la pile grossit sur la table basse, et vous cherchez comment arrêter. Vous tapez « résilier Madame Figaro », et vous tombez sur des pages qui vous donnent une adresse de centre de gestion, un préavis de trente jours et une lettre toute faite. Sauf qu’aucune ne vous dit l’essentiel : chez l’éditeur, Madame Figaro n’est pas un abonnement. C’est un supplément inclus dans une formule d’abonnement au Figaro, aux côtés du Figaro Magazine et de TV Magazine. Si vous écrivez pour « résilier Madame Figaro », vous obtiendrez la résiliation de tout, quotidien compris — ou rien du tout, parce que votre demande sera jugée sans objet. Et si vous êtes passée par un courtier en abonnements, votre lettre doit partir chez lui, pas rue de Provence. Ce guide part de là : identifier qui vous facture, décider ce que vous demandez vraiment, et l’écrire sur le bon fondement juridique — en corrigeant au passage deux erreurs qui circulent partout, sur les délais de la loi Chatel et sur la rétractation.
📦 Réponse rapide
Madame Figaro ne se vend pas comme un abonnement autonome chez son éditeur : c’est le supplément féminin hebdomadaire encarté dans l’édition du week-end du quotidien Le Figaro, aux côtés du Figaro Magazine et de TV Magazine. Votre contrat porte donc sur une formule Le Figaro, pas sur le magazine seul. Avant d’écrire, vérifiez sur votre facture qui vous prélève : la Société du Figaro, ou un courtier en abonnements qui commercialise une offre libellée « Madame Figaro ». La lettre doit partir chez celui qui vous facture. Si c’est l’éditeur, l’adresse vérifiée est : Société du Figaro, 23-25 rue de Provence, 75438 Paris Cedex 09. Côté droit, l’article L. 215-1 du Code de la consommation impose une information au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme ; à défaut, vous résiliez gratuitement à tout moment à compter de la reconduction.
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« Je voulais juste arrêter de recevoir les magazines du week-end, pas quitter Le Figaro. Mon courrier disait « résiliation de Madame Figaro » — heureusement, j’ai compris à temps que ça aurait tout coupé. La lettre a été reformulée en demande de passage à la formule semaine, avec la clause de bascule au bout de quinze jours. Réponse écrite en dix jours, nouvelle formule appliquée à l’échéance. »
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📍 Adresse de résiliation
Société du Figaro
Service Abonnements — 23-25 rue de Provence
75438 Paris Cedex 09
Service Résiliation — Madame Figaro
📄 Aperçu de votre lettre Madame Figaro
[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal — Ville]
[Téléphone] · [Email]
Société du Figaro
Service Abonnements — 23-25 rue de Provence
75438 Paris Cedex 09
[Votre ville], le 19 octobre 2026
Lettre recommandée avec accusé de réception
Objet : Résiliation de mon abonnement Le Figaro incluant Madame Figaro — n° abonné [numéro]
Madame, Monsieur,
Je suis titulaire de l’abonnement référencé sous le numéro [numéro abonné], souscrit le [date de souscription], au titre de la formule [intitulé exact figurant sur votre facture], laquelle comprend la livraison du supplément hebdomadaire Madame Figaro.
Je vous notifie par la présente mon refus de toute reconduction tacite de cet abonnement et vous demande d’y mettre fin à la prochaine date d’échéance, soit le [date d’échéance]. Je précise que ma demande porte sur [l’intégralité de mon abonnement / le seul changement de formule vers une offre n’incluant pas les suppléments du week-end].
Je vous demande en conséquence de cesser tout prélèvement à compter de la date d’effet retenue, de m’adresser une confirmation écrite de la résiliation précisant cette date, et de me transmettre le décompte définitif de mon compte abonné.
En l’absence de réponse dans un délai de quinze jours, je me réserve la possibilité de saisir le médiateur de la consommation dont vous relevez. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Votre signature]
⭐⭐⭐⭐⭐ 4,9/5 · La Poste · AR scanné en 3 jours
📑 Sommaire
- 1. Peut-on s’abonner — et se désabonner — à Madame Figaro seul ?
- 2. Éditeur ou courtier : identifiez qui vous facture avant d’écrire
- 3. Loi Chatel : la vraie règle en presse (et l’erreur que tout le monde recopie)
- 4. Le droit de rétractation de 14 jours : il s’applique bien à votre abonnement
- 5. Quand résilier, avec quel préavis et quels effets concrets
- 6. Résilier en ligne, et le cas particulier App Store / Google Play
- 7. Changer de formule plutôt que tout résilier : souvent la meilleure option
- 8. Comment envoyer votre lettre et constituer un dossier solide
- 9. Modèle de lettre de résiliation Madame Figaro (texte intégral, six options)
- 10. Après l’envoi : suivi, prélèvements indus et recours
- 11. Erreurs à éviter
- 12. Questions fréquentes
1. Peut-on s’abonner — et se désabonner — à Madame Figaro seul ?
C’est la première question à trancher, et c’est celle à laquelle on répond le plus mal ailleurs. Madame Figaro n’est pas un magazine vendu en abonnement autonome par son éditeur : c’est un supplément féminin hebdomadaire, encarté dans l’édition du week-end du quotidien Le Figaro depuis 1980, et distribué en même temps que Le Figaro Magazine et TV Magazine. Vous ne le recevez pas parce que vous seriez « abonné à Madame Figaro », vous le recevez parce que votre abonnement au Figaro comprend l’édition du week-end.
Conséquence pratique décisive : si votre contrat a été souscrit auprès du Figaro, il n’existe ni bouton, ni formulaire, ni procédure permettant de « résilier Madame Figaro » tout seul. Vous avez exactement deux leviers : résilier l’abonnement Le Figaro dans son ensemble, ou demander un changement de formule vers une offre qui n’inclut pas l’édition du week-end. Si vous écrivez « je résilie Madame Figaro » sans autre précision, le service abonnements traitera par défaut la résiliation de la totalité de votre contrat.
Les configurations les plus courantes sont les suivantes. Repérez la vôtre sur votre dernière facture ou dans votre espace abonné : c’est elle, et non le nom du supplément, qui détermine votre marge de manœuvre.
- Formule week-end (« Les Week-ends du Figaro ») — vous recevez Le Figaro du vendredi et du samedi, et avec lui Madame Figaro, Le Figaro Magazine et TV Magazine, plus l’accès aux versions numériques. C’est la formule la plus fréquente chez les lectrices qui « lisent surtout Madame ».
- Formule club ou intégrale — le quotidien du lundi au samedi, suppléments du week-end compris. Madame Figaro est inclus, mais il ne représente qu’une part du prix payé.
- Formule semaine — le quotidien du lundi au vendredi, sans les magazines du week-end. C’est précisément la formule cible si vous voulez garder Le Figaro et arrêter les suppléments.
- Formule numérique — accès aux contenus en ligne et, selon l’offre, aux versions numériques des magazines dès le jeudi soir. Souscrite en ligne, elle relève du parcours de résiliation simplifié.
- Offre achetée chez un courtier en abonnements — plusieurs plateformes commercialisent des offres libellées « Madame Figaro » ou « Les Week-ends du Figaro », en France comme à l’export. Le cocontractant est alors le courtier, et c’est à lui qu’il faut écrire.
- Souscription in-app — si vous avez payé un abonnement numérique depuis l’application sur iPhone ou Android, votre contrat de paiement est géré par Apple ou par Google, et la résiliation ne passe pas par l’éditeur.
Cette architecture explique aussi une confusion très répandue : beaucoup de lectrices cherchent l’éditeur de Madame Figaro du côté des grands groupes de presse féminine. Ce n’est pas le bon chemin. Madame Figaro est édité par la Société du Figaro, la même personne morale que le quotidien. Le contrat, la facturation et la gestion des abonnés sont donc ceux du Figaro — sauf si vous êtes passée par un intermédiaire.
Repère historique : le premier numéro de Madame Figaro paraît en 1980. Le titre s’installe durablement comme le rendez-vous féminin du week-end du Figaro. En 2025, l’ACPM lui reconnaît une diffusion France payée de 394 901 exemplaires et une diffusion totale de 402 258 exemplaires, ce qui en fait l’un des tout premiers féminins français en diffusion payée.
Notez enfin l’ordre de grandeur : la diffusion de Madame Figaro suit mécaniquement celle de l’édition du week-end du quotidien, puisqu’il est encarté dedans. C’est une confirmation supplémentaire, et parfaitement vérifiable, du fait qu’il ne s’agit pas d’un titre vendu séparément au grand public par l’éditeur.
2. Éditeur ou courtier : identifiez qui vous facture avant d’écrire
C’est l’étape que presque personne ne fait, et c’est pourtant celle qui décide de l’issue. Une lettre de résiliation ne produit d’effet que si elle est adressée à votre cocontractant, c’est-à-dire à la personne avec qui vous avez conclu le contrat et qui vous prélève. Pour Madame Figaro, deux cas de figure existent.
- Cas 1 — vous avez souscrit auprès du Figaro. Votre prélèvement porte un libellé rattaché au Figaro, votre espace abonné est celui du journal, et votre facture est émise par la Société du Figaro. C’est l’éditeur qui doit recevoir votre lettre.
- Cas 2 — vous êtes passée par un courtier en abonnements ou une agence export. Plusieurs plateformes vendent des abonnements presse pour le compte de tiers, avec leur propre référence produit, leur propre service client et leurs propres conditions générales. Le prélèvement porte alors le nom du courtier, pas celui du Figaro. C’est à lui qu’il faut écrire : une lettre envoyée à l’éditeur serait sans effet sur un contrat qu’il n’a pas conclu.
- Cas 3 — abonnement offert, cadeau ou souscrit via un comité social et économique. Le titulaire du contrat n’est pas forcément la personne qui reçoit le magazine. Vérifiez qui est nommé sur la facture avant de rédiger.
Test en trente secondes : sortez votre dernier relevé bancaire et regardez le libellé du prélèvement, puis le film plastique d’expédition de votre exemplaire. Le nom qui apparaît sur le prélèvement est celui de votre cocontractant. Le numéro d’abonné figure, lui, sur le film d’expédition ou sur la facture : recopiez-le, il conditionne le traitement de votre dossier.
Si votre cocontractant est bien l’éditeur, deux sources publiques et vérifiables donnent son identité et son adresse, sans avoir à faire confiance à un site tiers.
- L’ACPM, organisme de certification de la diffusion de la presse française, publie une fiche par titre. Celle de Madame Figaro indique une périodicité hebdomadaire et l’adresse suivante pour le titre : 23-25 rue de Provence, 75438 Paris Cedex 09.
- L’annuaire officiel des entreprises (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) identifie la SOCIETE DU FIGARO sous le SIREN 542 077 755, activité édition de journaux, siège social 23-25 rue de Provence, 75009 Paris.
Les deux sources convergent vers la même adresse parisienne, avec une nuance utile : l’ACPM donne la forme Cedex, qui est celle à utiliser pour un envoi postal professionnel. C’est donc l’adresse que nous retenons comme adresse de référence pour un courrier recommandé.
Adresse retenue pour votre lettre recommandée : Société du Figaro Service Abonnements 23-25 rue de Provence 75438 Paris Cedex 09
Vérifiez en priorité l’adresse figurant sur votre facture, sur le film d’expédition de votre exemplaire ou dans vos conditions générales d’abonnement. Les éditeurs de presse confient fréquemment la gestion des abonnements à un prestataire de routage, avec une adresse ou une boîte postale dédiée qui n’apparaît que sur ces documents. Si vous en trouvez une, utilisez-la en priorité. À défaut, le siège de l’éditeur reste juridiquement valable, puisque c’est votre cocontractant : une notification adressée à la Société du Figaro est parfaitement opposable.
Un mot sur ce qu’il ne faut pas faire. N’adressez pas votre courrier à la rédaction de Madame Figaro, au service publicité ou à une régie : ces services ne gèrent pas les contrats d’abonnement et votre lettre se perdra dans un circuit interne, sans que le délai de traitement ne commence à courir de façon traçable. Ne recopiez pas non plus une adresse de « centre de gestion presse » trouvée sur un site tiers sans l’avoir vue sur vos propres documents : ces adresses changent de prestataire, et un accusé de réception signé au mauvais endroit est un accusé de réception inexploitable.
Astuce de traçabilité : mentionnez systématiquement votre numéro d’abonné dans l’objet de la lettre, et joignez la photocopie d’une étiquette d’expédition ou d’une facture. Un service abonnements traite plusieurs milliers de courriers ; un dossier identifiable est un dossier traité vite.
3. Loi Chatel : la vraie règle en presse (et l’erreur que tout le monde recopie)
Votre abonnement au Figaro, suppléments du week-end compris, est conclu pour une durée déterminée et se reconduit tacitement. Cette mécanique déclenche la protection de l’article L. 215-1 du Code de la consommation, dite loi Chatel. Encore faut-il en citer correctement le contenu.
L’erreur la plus répandue sur le sujet : lire quelque part que l’éditeur doit vous informer « entre trois mois et quinze jours avant l’échéance », et que vous disposeriez d’une « fenêtre de vingt jours » pour résilier. C’est faux pour la presse. Ces délais sont ceux du Code des assurances, applicables aux contrats d’assurance. Les recopier sur un abonnement magazine, c’est se tromper de branche du droit — et surtout se priver d’un droit bien plus favorable.
Le régime réellement applicable est le suivant. Le professionnel doit informer le consommateur, par écrit ou par courrier électronique dédié, de la possibilité de ne pas reconduire le contrat. Cette information doit intervenir au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction. Si elle n’a pas été délivrée dans ces conditions, le consommateur peut mettre fin gratuitement au contrat, à tout moment, à compter de la date de reconduction. Les sommes versées après cette date lui sont remboursées.
| Point de comparaison | Presse — art. L. 215-1 Code de la consommation | Assurance — art. L. 113-15-1 Code des assurances |
|---|---|---|
| Fenêtre d’information du client | Au plus tôt 3 mois, au plus tard 1 mois avant le terme | Au plus tôt 3 mois, au plus tard 15 jours avant |
| Sanction du défaut d’information | Résiliation gratuite à tout moment à compter de la reconduction | Résiliation possible dans un délai de 20 jours suivant l’avis tardif |
| Remboursement | Sommes versées après la reconduction remboursées | Selon le régime assurance |
| Applicable à votre abonnement Le Figaro / Madame Figaro | Oui | Non |
La différence est loin d’être théorique. Sous le régime presse, si l’éditeur a manqué à son obligation d’information, vous n’êtes pas enfermée dans une fenêtre de vingt jours : vous pouvez résilier quand vous le décidez, à compter de la reconduction, et réclamer ce qui a été prélevé depuis. C’est de très loin l’argument le plus puissant à faire valoir dans un courrier, et c’est celui que la plupart des lectrices ignorent.
- Fouillez vos e-mails avant d’écrire. L’avis d’échéance arrive souvent par courrier électronique, parfois classé en promotions. S’il existe, votre argument Chatel tombe : mieux vaut le savoir avant de l’invoquer.
- Regardez la date exacte. Un avis envoyé dix jours avant le terme est hors délai, même s’il a bien été envoyé. Le retard vaut absence d’information au regard du texte.
- Vérifiez la forme. Le texte exige une information dédiée. Une mention noyée dans une newsletter commerciale se conteste utilement.
- Attention aux offres découverte. Beaucoup d’abonnements Madame Figaro démarrent par une offre promotionnelle, du type réduction sur les premiers mois, puis basculent au tarif plein. C’est au moment de cette bascule que l’obligation d’information joue à plein.
- Conservez tout. Capture d’écran horodatée, en-têtes du message, enveloppe si l’avis est venu par la poste : c’est votre dossier de preuve.
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4. Le droit de rétractation de 14 jours : il s’applique bien à votre abonnement
Voici le second angle que les autres guides manquent presque systématiquement. On lit souvent que les journaux et magazines sont exclus du droit de rétractation. C’est une lecture tronquée du texte.
L’article L. 221-28 du Code de la consommation, qui liste les exceptions au droit de rétractation pour les contrats conclus à distance ou hors établissement, vise en son 9° la fourniture d’un journal, d’un périodique ou d’un magazine. Mais il ajoute immédiatement une réserve : sauf pour les contrats d’abonnement à ces publications. Autrement dit, l’exclusion vise l’achat d’un numéro, pas l’abonnement. Pour un abonnement au Figaro incluant Madame Figaro souscrit par internet, par téléphone ou lors d’un démarchage, le droit de rétractation de quatorze jours prévu à l’article L. 221-18 s’applique pleinement.
Si vous avez souscrit il y a moins de quatorze jours, ne cherchez pas plus loin : exercez votre rétractation. Elle n’a pas à être motivée, elle est gratuite, et elle éteint le contrat. C’est infiniment plus simple que toute discussion sur la tacite reconduction.
Trois prolongements très utiles à connaître.
- Défaut d’information sur la rétractation (article L. 221-20). Si le professionnel ne vous a pas informée de votre droit de rétractation dans les conditions prévues, le délai est prolongé de douze mois à compter de l’expiration du délai initial. Un abonnement souscrit il y a huit mois, sans information claire sur la rétractation, peut donc encore être rétracté. Vérifiez le bon de commande et l’e-mail de confirmation : le formulaire type de rétractation doit vous avoir été fourni.
- Prestation déjà commencée (article L. 221-25). Si vous avez expressément demandé que la fourniture commence avant la fin du délai de rétractation — ce qui est le cas dès que vous recevez des numéros —, vous restez redevable d’un montant proportionnel à ce qui a été fourni jusqu’à la notification de votre rétractation. Vous ne payez donc que les exemplaires reçus, pas l’année entière.
- Forme de la rétractation. Toute déclaration dénuée d’ambiguïté suffit. Une lettre recommandée reste le support le plus sûr, car elle date la notification de manière incontestable.
Cas fréquent : l’offre découverte à tarif réduit souscrite en ligne, qui bascule ensuite en abonnement plein tarif. Deux droits se cumulent alors. Dans les quatorze premiers jours, la rétractation. Ensuite, la loi Chatel au moment de la bascule, si l’information préalable n’a pas été délivrée dans la fenêtre légale.
5. Quand résilier, avec quel préavis et quels effets concrets
Une fois le bon fondement juridique identifié, la question devient pratique : quand envoyer, et que se passe-t-il ensuite ? Le tableau ci-dessous récapitule les principales situations et leurs conséquences.
| Votre situation | Fondement à invoquer | Quand agir | Effet attendu |
|---|---|---|---|
| Abonnement souscrit il y a moins de 14 jours à distance | Rétractation — art. L. 221-18 | Immédiatement | Contrat éteint, remboursement moins les numéros déjà fournis |
| Souscription à distance sans information sur la rétractation | Art. L. 221-20 | Jusqu’à 12 mois après le délai initial | Rétractation encore possible |
| Avis d’échéance jamais reçu ou reçu hors délai | Loi Chatel — art. L. 215-1 | À tout moment à compter de la reconduction | Résiliation gratuite + remboursement des sommes avancées |
| Avis d’échéance bien reçu dans la fenêtre légale | Refus de reconduction contractuel | Avant le terme, en respectant le préavis contractuel (souvent 30 jours) | Fin à l’échéance, sans reconduction |
| Abonnement souscrit intégralement en ligne | Art. L. 215-1-1 (DDADUE) | À tout moment | Résiliation en quelques clics depuis votre espace abonné |
| Hausse tarifaire notifiée ou bascule au plein tarif | Modification des conditions financières | Dès réception de la notification | Refus écrit et résiliation sans frais |
| Décès, hospitalisation longue, expatriation | Motif personnel, sur justificatif | Dès survenance | Arrêt du service et remboursement au prorata |
| Non-distribution répétée malgré réclamations | Inexécution du contrat | Après deux réclamations écrites | Résiliation aux torts du professionnel |
Sur le préavis : dans la presse, il n’existe pas de préavis légal uniforme. Les conditions générales d’abonnement prévoient couramment un délai de l’ordre de trente jours avant l’échéance pour faire échec à la reconduction. Ce délai est contractuel, pas légal — ce qui a deux conséquences. D’abord, il ne peut pas vous être opposé si vous vous placez sur le terrain de la loi Chatel non respectée ou de la rétractation. Ensuite, il ne court pas à partir de la date où vous postez votre lettre, mais à partir de la date de première présentation du recommandé.
Postez donc avec de la marge. Comptez deux à cinq jours ouvrés d’acheminement, plus le délai de traitement interne. Pour une échéance au 31 mars, un dépôt avant le 20 février vous met à l’abri de toute discussion. Attendre la dernière semaine est le meilleur moyen de subir une année de reconduction supplémentaire pour trois jours de retard.
Sur le prorata : ne confondez pas deux situations. Lorsque vous refusez simplement la reconduction, il n’y a rien à rembourser puisque le contrat va à son terme normal. En revanche, dès qu’une résiliation prend effet en cours de période — motif personnel justifié, loi Chatel non respectée, inexécution — les sommes correspondant à la période non servie doivent vous être restituées. Demandez-le explicitement dans votre lettre, en chiffrant si vous le pouvez : une demande vague se traite plus lentement qu’un montant précis.
Sur les effets pratiques : la résiliation ne fait pas disparaître ce qui est déjà imprimé et routé. Vous continuerez probablement à recevoir un ou deux numéros après la date d’effet, le temps que les fichiers de routage soient mis à jour. Ce n’est pas un refus de résiliation. En revanche, tout prélèvement postérieur à la date d’effet doit être remboursé, et c’est là que votre accusé de réception devient précieux.
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6. Résilier en ligne, et le cas particulier App Store / Google Play
Si votre abonnement a été conclu par voie électronique, l’article L. 215-1-1 du Code de la consommation, issu de la loi DDADUE et applicable depuis le 1er juin 2023, impose au professionnel de mettre à votre disposition une fonctionnalité de résiliation accessible en permanence, gratuite et simple, depuis l’interface où vous avez souscrit. C’est la fameuse résiliation en trois clics.
- Étape 1 — Connectez-vous à votre espace abonné avec l’adresse e-mail utilisée lors de la souscription.
- Étape 2 — Ouvrez la rubrique de gestion de votre abonnement (intitulés courants : « Mon abonnement », « Mon compte », « Gérer mon abonnement »).
- Étape 3 — Cherchez la fonctionnalité de résiliation. Elle doit être visible et directement accessible, sans obligation de téléphoner ni d’écrire.
- Étape 4 — Confirmez, puis attendez l’accusé de réception. Le professionnel doit vous confirmer la résiliation sur un support durable, en précisant la date d’effet.
- Étape 5 — Archivez cette confirmation et faites-en une copie PDF. C’est votre preuve en cas de prélèvement postérieur.
Si le parcours en ligne n’existe pas, s’il vous renvoie vers un numéro de téléphone, ou s’il aboutit à une page d’erreur, ce n’est pas seulement agaçant : c’est un manquement à l’article L. 215-1-1. Faites une capture d’écran horodatée, doublez immédiatement par une lettre recommandée, et signalez-le sur SignalConso. Le manquement renforce très sensiblement votre position en cas de litige sur la date d’effet.
Le cas des applications mobiles mérite un paragraphe à part, parce qu’il est la cause d’un grand nombre de résiliations qui n’aboutissent pas. Si vous avez souscrit un abonnement numérique depuis une application du Figaro sur iPhone ou iPad, votre contrat de paiement est géré par Apple. Si vous l’avez souscrit depuis une application Android, il est géré par Google. Dans les deux cas, l’éditeur ne peut techniquement pas arrêter le prélèvement à votre place.
- Sur iPhone ou iPad — Réglages, puis votre nom en haut de l’écran, puis Abonnements. Sélectionnez l’abonnement concerné et touchez Annuler l’abonnement. La confirmation arrive par e-mail sur l’adresse de votre identifiant Apple.
- Sur Android — ouvrez le Google Play Store, touchez votre photo de profil, puis Paiements et abonnements, puis Abonnements. Sélectionnez l’abonnement et annulez.
- Si l’abonnement n’apparaît nulle part — il a probablement été souscrit directement auprès de l’éditeur ou d’un courtier, ou avec un autre compte Apple ou Google que celui actuellement connecté. Votre relevé bancaire trahit l’origine : un libellé mentionnant Apple ou Google signale une souscription in-app.
- Pour un remboursement de prélèvement in-app — la demande se fait d’abord auprès de la plateforme qui a facturé, pas auprès de l’éditeur.
Attention à ne pas confondre deux choses distinctes : arrêter un abonnement numérique dans l’App Store ne met pas fin à votre abonnement papier au Figaro, et inversement. Si vous cumulez les deux, vous devez agir deux fois, par deux canaux différents.
7. Changer de formule plutôt que tout résilier : souvent la meilleure option
Beaucoup de lectrices qui cherchent à « résilier Madame Figaro » ne veulent pas quitter Le Figaro. Elles veulent arrêter le papier du week-end, réduire la facture, ou passer au numérique. Dans ce cas, la résiliation totale est une réponse disproportionnée : elle vous fait perdre l’ancienneté, les conditions tarifaires acquises et parfois des avantages liés à l’abonnement.
- Passer d’une formule week-end ou club à une formule semaine — vous conservez le quotidien du lundi au vendredi et vous cessez de recevoir Madame Figaro, Le Figaro Magazine et TV Magazine. C’est la demande à formuler si votre gêne porte sur l’accumulation des suppléments papier.
- Basculer du papier au numérique — les offres numériques donnent généralement accès aux versions dématérialisées des magazines du week-end, souvent disponibles dès le jeudi soir. Vous cessez de recevoir des exemplaires physiques sans perdre le contenu.
- Suspendre temporairement la livraison — pour une hospitalisation, une absence longue ou un déménagement en cours. La suspension gèle la livraison et décale d’autant la fin de l’abonnement, sans rompre le contrat.
- Demander une modification de l’adresse de livraison — plutôt que de résilier pour cause de déménagement, si la nouvelle adresse est desservie.
- Vérifier un éventuel doublon — si vous êtes déjà abonnée à une formule intégrale qui inclut les suppléments du week-end, un second abonnement souscrit ailleurs fait double emploi. Contrôlez vos deux factures avant de résilier, pour ne pas couper celle que vous vouliez garder.
- Négocier le tarif au moment de la reconduction — c’est le moment de l’année où votre demande a le plus de poids, surtout si vous êtes abonnée de longue date.
Formulation efficace pour un changement de formule : « Je ne demande pas la résiliation totale de mon abonnement. Je demande le passage de la formule [intitulé actuel] à la formule [intitulé souhaité], à effet de la prochaine échéance. À défaut de réponse écrite de votre part sous quinze jours, la présente vaut résiliation de l’intégralité de mon abonnement à cette même date. » Vous obtenez ce que vous voulez, tout en gardant une porte de sortie datée.
Ce mécanisme de demande alternative est particulièrement utile parce qu’il évite l’aller-retour classique : vous écrivez pour changer de formule, on ne vous répond pas, l’échéance passe, et vous voilà reconduite pour un an sur l’ancienne formule. Avec une clause de bascule automatique en résiliation, le silence du professionnel joue en votre faveur et non contre vous.
8. Comment envoyer votre lettre et constituer un dossier solide
La notification écrite reste la voie la plus sûre, surtout lorsque vous invoquez un défaut d’information ou que vous demandez un remboursement. Voici les options, avec leurs mérites respectifs.
| Mode d’envoi | Coût indicatif | Preuve obtenue | Limite |
|---|---|---|---|
| Lettre simple | Prix d’un timbre | Aucune | Aucune valeur probante en cas de contestation |
| E-mail au service abonnés | Gratuit | Accusé de lecture aléatoire | Contestable sur la date de réception ; à doubler d’un écrit |
| Recommandé avec AR au bureau de poste | Environ 6 € | Avis de réception papier signé | Déplacement, horaires, file d’attente |
| Lettre recommandée électronique | Environ 3 à 5 € | Preuve électronique | Acceptation variable selon les services abonnements |
| LettreXpress | 19,90 € | LRAR papier + AR scanné + suivi | Plus cher qu’un dépôt en bureau de poste |
Recommandation : le recommandé avec accusé de réception papier reste la référence, parce qu’il date la première présentation de manière incontestable. C’est cette date qui fait courir le préavis contractuel et qui sert de point de départ à toute demande de remboursement. Avec LettreXpress, la lettre est rédigée, imprimée, expédiée et l’accusé de réception vous revient scanné, sans déplacement.
Constituez en parallèle un dossier de pièces. Il tient en une chemise et il vous sauvera la mise si un prélèvement passe après la date d’effet.
- Votre numéro d’abonné, relevé sur le film d’expédition ou sur une facture.
- La dernière facture ou le dernier avis de prélèvement, qui identifie la formule exacte, son prix et l’émetteur.
- L’avis d’échéance, s’il existe, avec sa date. Son absence est votre meilleur argument.
- Le bon de commande ou l’e-mail de souscription, pour vérifier si le formulaire de rétractation vous a bien été fourni.
- Le récépissé d’envoi et l’accusé de réception de votre recommandé.
- Vos relevés bancaires sur les trois derniers mois, pour chiffrer précisément ce qui a été prélevé après la date d’effet et identifier le libellé exact du créancier.
9. Modèle de lettre de résiliation Madame Figaro (texte intégral, six options)
Voici un modèle complet. Remplacez les mentions entre crochets, puis conservez uniquement l’option correspondant à votre situation — les cinq autres doivent être supprimées avant l’envoi. Si vous êtes passée par un courtier en abonnements, remplacez le bloc destinataire par les coordonnées figurant sur votre facture. Si vous joignez un justificatif, mentionnez-le en pièce jointe à la fin de la lettre.
[Vos nom et prénom] [Votre adresse complète] [Code postal et ville] [Numéro abonné : ..............] [Adresse e-mail et téléphone] Société du Figaro Service Abonnements 23-25 rue de Provence 75438 Paris Cedex 09 Lettre recommandée avec accusé de réception Objet : Résiliation de mon abonnement Le Figaro incluant Madame Figaro — n° abonné [numéro] Madame, Monsieur, Je suis titulaire de l’abonnement référencé sous le numéro [numéro abonné], souscrit le [date de souscription], au titre de la formule [intitulé exact de la formule figurant sur votre facture], laquelle comprend la livraison du supplément hebdomadaire Madame Figaro. [Choisissez UNE seule des six options ci-dessous et supprimez les autres] • Option 1 — Résiliation à échéance, refus de reconduction tacite : Je vous notifie par la présente mon refus de toute reconduction tacite de cet abonnement et vous demande d’y mettre fin à la prochaine date d’échéance, soit le [date d’échéance]. Je vous remercie de me confirmer par écrit la date d’effet retenue ainsi que le décompte final, et de cesser tout prélèvement au-delà de cette date. • Option 2 — Défaut d’information préalable (loi Chatel, article L. 215-1 du Code de la consommation) : Je n’ai reçu aucune information m’avisant de la possibilité de ne pas reconduire mon abonnement, alors que cette information devait m’être adressée au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction. En application de l’article L. 215-1 du Code de la consommation, je mets fin gratuitement au présent contrat à compter de la date de reconduction intervenue le [date de reconduction], et je vous demande le remboursement de l’intégralité des sommes prélevées postérieurement à cette date, soit [montant] euros, dans un délai de quinze jours à compter de la réception de la présente. • Option 3 — Exercice du droit de rétractation (articles L. 221-18 et suivants du Code de la consommation) : Ayant souscrit cet abonnement à distance le [date], j’exerce mon droit de rétractation. Je rappelle que l’article L. 221-28 9° du Code de la consommation exclut de l’exception les contrats d’abonnement aux publications périodiques, de sorte que le droit de rétractation de quatorze jours m’est pleinement applicable. [Si aucune information sur la rétractation ne vous a été fournie, ajoutez : L’information relative à ce droit ne m’ayant pas été communiquée dans les conditions requises, le délai est prolongé de douze mois en application de l’article L. 221-20 du même code.] Je vous demande le remboursement des sommes versées, déduction faite, le cas échéant, du montant proportionnel correspondant aux exemplaires effectivement fournis jusqu’à ce jour, conformément à l’article L. 221-25. • Option 4 — Refus d’une hausse tarifaire ou d’une bascule au plein tarif : Vous m’avez notifié le [date] une augmentation du tarif de mon abonnement, portant celui-ci de [ancien montant] à [nouveau montant] euros. Je n’accepte pas cette modification des conditions financières de mon contrat et vous notifie en conséquence la résiliation de mon abonnement, sans frais, à effet du [date souhaitée]. Je vous demande de ne procéder à aucun prélèvement au nouveau tarif. • Option 5 — Changement de formule plutôt que résiliation totale : Je ne demande pas la résiliation de la totalité de mon abonnement. Je demande le passage de la formule [formule actuelle, incluant Madame Figaro] à la formule [formule souhaitée, sans les suppléments du week-end], à effet de la prochaine échéance, avec ajustement corrélatif du tarif. À défaut de réponse écrite de votre part dans un délai de quinze jours à compter de la réception de la présente, celle-ci vaudra notification de résiliation de l’intégralité de mon abonnement à cette même date. • Option 6 — Motif personnel ou inexécution (décès, hospitalisation, expatriation, non-distribution) : En raison de [décès du titulaire, survenu le (date) / mon hospitalisation de longue durée / mon départ à l’étranger à compter du (date) / la non-distribution répétée de mes exemplaires malgré mes réclamations des (dates)], dont vous trouverez justification en pièce jointe, je vous demande la résiliation de mon abonnement à effet immédiat ainsi que le remboursement au prorata des sommes versées pour la période non servie. En tout état de cause, je vous demande de bien vouloir : mettre fin à tout prélèvement sur mon compte bancaire à compter de la date d’effet retenue ; m’adresser une confirmation écrite de la résiliation précisant cette date d’effet ; et me transmettre le décompte définitif de mon compte abonné. Je vous informe qu’en l’absence de réponse de votre part dans un délai de quinze jours, je me réserve la possibilité de saisir le médiateur de la consommation dont vous relevez, puis toute juridiction compétente. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. Fait à [Ville], le [Date] [Signature manuscrite] Pièces jointes : [copie du film d’expédition ou de la dernière facture] — [justificatif éventuel] — [relevé bancaire faisant apparaître les prélèvements contestés]
Ne cumulez pas les options. Un courrier qui invoque à la fois la rétractation, la loi Chatel et un motif personnel affaiblit votre position : il laisse penser que vous cherchez un argument, au lieu d’en avoir un. Choisissez le fondement le plus solide au regard de vos pièces, et tenez-le.
10. Après l’envoi : suivi, prélèvements indus et recours
Une fois le recommandé parti, le calendrier se déroule de manière assez prévisible. Voici les étapes et les points de vigilance.
- Un à trois jours ouvrés — acheminement et première présentation. C’est cette date, portée sur l’accusé de réception, qui fait foi. Notez-la.
- Une à trois semaines — réponse écrite du service abonnements, avec la date d’effet retenue et, le cas échéant, le décompte final.
- Un à deux numéros supplémentaires peuvent encore arriver après la date d’effet, le temps que les fichiers de routage soient purgés. Ce n’est pas un refus de résiliation.
- Vérification bancaire — contrôlez vos relevés le mois suivant la date d’effet. Un prélèvement postérieur doit être remboursé.
- En l’absence totale de réponse sous quinze jours — relancez par un second recommandé faisant expressément référence au premier (date d’envoi, numéro de suivi, date de première présentation) et valant mise en demeure.
Si un prélèvement passe malgré tout après la date d’effet, agissez sur les deux fronts en même temps, sans attendre.
- Auprès de votre banque — pour un prélèvement SEPA autorisé, vous pouvez en demander le remboursement sans avoir à vous justifier dans un délai de huit semaines à compter de la date de débit. Passé ce délai, et si le mandat n’était plus valable, le délai de contestation est porté à treize mois. Demandez également la révocation du mandat SEPA pour empêcher les prélèvements suivants.
- Auprès de l’éditeur ou du courtier — mise en demeure recommandée de rembourser sous quinze jours, en joignant la copie de l’accusé de réception de votre résiliation et le relevé bancaire.
- Auprès du médiateur de la consommation — tout professionnel doit désigner un médiateur et en communiquer les coordonnées, notamment dans ses conditions générales et sur son site. La saisine est gratuite pour le consommateur et suppose une réclamation écrite préalable restée sans réponse satisfaisante.
- Sur SignalConso — le service public de signalement aux services de la répression des fraudes. Utile en particulier si le parcours de résiliation en ligne prévu par l’article L. 215-1-1 est absent ou dysfonctionnel.
- Devant le juge — en dernier recours, le tribunal judiciaire du lieu de votre domicile est compétent pour un litige de consommation. Pour des montants modestes, la procédure simplifiée de règlement des petits litiges permet d’agir sans avocat.
Piège de prescription, très souvent inversé dans les articles grand public. Votre action, en tant que consommatrice, se prescrit par cinq ans en application de l’article 2224 du Code civil. Le délai de deux ans dont on parle si souvent est celui de l’article L. 218-2 du Code de la consommation, et il concerne l’action des professionnels contre les consommateurs, pas l’inverse. Autrement dit : vous avez cinq ans pour réclamer un remboursement, et l’éditeur n’a que deux ans pour vous réclamer un impayé.
Dernier conseil, le plus banal et le plus efficace : n’arrêtez jamais un prélèvement en guise de résiliation. Tant que le contrat n’est pas dénoncé dans les formes, les sommes restent contractuellement dues, les relances s’accumulent, et vous vous retrouvez en position de débitrice alors que vous vouliez simplement partir. Résiliez d’abord, révoquez le mandat ensuite.
11. Les 7 erreurs à éviter absolument
Voici les erreurs les plus fréquentes qui font échouer une résiliation Madame Figaro. Évitez-les soigneusement.
❌ Croire qu’on peut résilier « Madame Figaro » tout seul. Chez l’éditeur, c’est un supplément inclus dans une formule d’abonnement au quotidien Le Figaro, aux côtés du Figaro Magazine et de TV Magazine. Il n’existe pas de contrat autonome à résilier : précisez toujours si vous voulez arrêter la totalité de l’abonnement ou seulement changer de formule.
❌ Écrire à l’éditeur alors que le contrat a été conclu avec un courtier. Plusieurs plateformes commercialisent des offres libellées « Madame Figaro ». Si c’est le nom du courtier qui apparaît sur votre prélèvement, c’est lui votre cocontractant : une lettre envoyée rue de Provence n’arrêtera rien.
❌ Recopier les délais de l’assurance. « Entre trois mois et quinze jours avant l’échéance » et « fenêtre de vingt jours » relèvent du Code des assurances. En presse, l’article L. 215-1 du Code de la consommation prévoit une information au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme, et surtout une résiliation gratuite à tout moment à compter de la reconduction en cas de manquement.
❌ Renoncer au droit de rétractation en croyant les magazines exclus. L’article L. 221-28 9° exclut la fourniture d’un numéro, pas le contrat d’abonnement. Pour un abonnement souscrit à distance, les quatorze jours de l’article L. 221-18 s’appliquent, et le délai est prolongé de douze mois si l’information n’a pas été donnée.
❌ Chercher à résilier sur le site alors que l’abonnement a été souscrit dans une application mobile. La facturation est alors gérée par Apple ou par Google, et l’éditeur ne peut pas arrêter le prélèvement à votre place. Passez par Réglages puis Abonnements sur iPhone, ou par le Google Play Store sur Android.
❌ Oublier le numéro d’abonné et l’intitulé exact de la formule. Sans ces deux références, le service abonnements ne peut pas rattacher votre courrier à un dossier, et le traitement se perd. Recopiez-les depuis votre facture ou le film d’expédition.
❌ Arrêter le prélèvement en guise de résiliation, ou poster à la dernière minute. Tant que le contrat n’est pas dénoncé dans les formes, les sommes restent dues. Et le préavis contractuel court à compter de la première présentation du recommandé, pas de son dépôt : comptez deux à cinq jours ouvrés d’acheminement et prévoyez de la marge.
⚖️ Loi DDADUE 2023 — Et la résiliation en 3 clics ?
L’article L. 215-1-1 du Code de la consommation, issu de la loi DDADUE et applicable aux contrats conclus par voie électronique depuis le 1er juin 2023, impose au professionnel de mettre à disposition une fonctionnalité de résiliation permanente, gratuite et simple d’accès. Concrètement : si vous avez souscrit en ligne votre abonnement Le Figaro incluant Madame Figaro, vous devez pouvoir y mettre fin depuis votre espace abonné sans téléphoner ni écrire, et le professionnel doit ensuite vous confirmer la résiliation sur un support durable, avec la date d’effet. En revanche, pour un abonnement souscrit par téléphone, par bulletin papier ou via un intermédiaire, ce parcours simplifié n’est pas exigé et la lettre recommandée reste la voie de référence. Attention également au cas des souscriptions effectuées depuis une application mobile : la résiliation passe alors par l’App Store ou par Google Play, et non par l’éditeur. Enfin, si le parcours en ligne est absent ou dysfonctionnel alors que vous avez souscrit par voie électronique, conservez une capture d’écran horodatée : le manquement renforce nettement votre position en cas de litige sur la date d’effet.
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« Reconduction automatique pour un an sans que j’aie reçu le moindre avis d’échéance. J’avais lu ailleurs qu’il fallait agir dans les vingt jours et je pensais avoir laissé passer le délai. En réalité, la règle en presse est bien plus favorable : résiliation gratuite à tout moment à partir de la reconduction. Remboursement de quatre mois de prélèvements obtenu après le recommandé. »
Questions fréquentes sur la résiliation Madame Figaro
Peut-on s’abonner à Madame Figaro seul, sans le quotidien ?
Pas chez l’éditeur. Madame Figaro est un supplément féminin hebdomadaire encarté dans l’édition du week-end du quotidien Le Figaro, diffusé avec Le Figaro Magazine et TV Magazine. L’abonnement porte donc sur une formule Le Figaro qui inclut le week-end. Des offres libellées « Madame Figaro » circulent chez des courtiers en abonnements et des agences export : dans ce cas, votre cocontractant est le courtier, et c’est à lui qu’il faut adresser votre résiliation.
Que se passe-t-il si je demande simplement « la résiliation de Madame Figaro » ?
Si votre contrat a été souscrit auprès du Figaro, le service abonnements traitera votre demande comme une résiliation de la totalité du contrat, puisque le supplément n’est pas un contrat autonome. Vous perdrez aussi le quotidien, l’ancienneté et vos conditions tarifaires. Si votre intention est seulement d’arrêter les suppléments papier du week-end, écrivez-le sans ambiguïté et demandez un changement de formule, avec une clause de bascule en résiliation à défaut de réponse sous quinze jours.
Comment savoir si je dois écrire au Figaro ou à un courtier ?
Regardez le libellé du prélèvement sur votre relevé bancaire et l’émetteur de votre facture. Si le nom qui apparaît est celui du Figaro, l’éditeur est votre cocontractant. Si c’est le nom d’une plateforme d’abonnements, c’est elle qui a conclu le contrat, elle qui vous facture et elle qui doit recevoir la lettre. Une résiliation adressée à l’éditeur alors que le contrat a été conclu avec un courtier reste sans effet sur les prélèvements.
Quelle est la vraie règle de la loi Chatel pour un abonnement presse ?
L’article L. 215-1 du Code de la consommation impose au professionnel de vous informer, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction, de votre possibilité de ne pas reconduire. À défaut, vous pouvez mettre fin gratuitement au contrat à tout moment à compter de la reconduction, et les sommes versées après cette date vous sont remboursées. Les formulations « trois mois à quinze jours » et « fenêtre de vingt jours » relèvent du droit des assurances.
Ai-je un droit de rétractation de 14 jours sur un abonnement à un magazine ?
Oui, contrairement à une idée reçue tenace. L’article L. 221-28 9° du Code de la consommation exclut du droit de rétractation la fourniture d’un journal, d’un périodique ou d’un magazine, mais il précise immédiatement « sauf pour les contrats d’abonnement à ces publications ». L’exclusion vise l’achat d’un numéro, pas l’abonnement. Pour un abonnement conclu à distance, les quatorze jours de l’article L. 221-18 s’appliquent, et le délai est prolongé de douze mois en cas de défaut d’information.
À quelle adresse envoyer ma lettre de résiliation ?
Si votre cocontractant est l’éditeur, l’adresse vérifiée sur la fiche du titre publiée par l’ACPM et sur l’annuaire officiel des entreprises est : Société du Figaro, 23-25 rue de Provence, 75438 Paris Cedex 09, SIREN 542 077 755. Vérifiez toutefois en priorité l’adresse figurant sur votre facture, sur le film d’expédition ou dans vos conditions générales : la gestion des abonnements est souvent confiée à un prestataire disposant d’une adresse dédiée qui n’apparaît que sur ces documents.
Un e-mail ou un appel téléphonique suffit-il à résilier ?
Juridiquement, une notification de résiliation n’exige pas de forme particulière si le contrat n’en impose pas, et une déclaration dénuée d’ambiguïté peut suffire. En pratique, l’e-mail et l’appel posent un problème de preuve : vous ne pouvez démontrer ni le contenu exact de votre demande, ni sa date de réception. Or c’est cette date qui déclenche le préavis et qui sert de point de départ à toute demande de remboursement. Utilisez l’e-mail pour poser une question, la lettre recommandée pour notifier.
J’ai souscrit l’abonnement numérique depuis l’application : pourquoi je ne peux pas résilier sur le site ?
Parce que la facturation n’est pas gérée par l’éditeur mais par la plateforme mobile. Si vous avez souscrit depuis un iPhone, allez dans Réglages, votre nom, Abonnements, sélectionnez l’abonnement et annulez. Sur Android, ouvrez le Google Play Store, votre photo de profil, Paiements et abonnements. L’éditeur ne peut techniquement pas arrêter un prélèvement initié par Apple ou Google. Votre relevé bancaire trahit l’origine : un libellé Apple ou Google signale une souscription in-app.
On continue de me prélever après ma résiliation : que faire ?
Agissez sur deux fronts simultanément. Côté banque : pour un prélèvement SEPA autorisé, vous pouvez en demander le remboursement sans justification dans les huit semaines suivant le débit, et jusqu’à treize mois si le mandat n’était plus valable. Demandez aussi la révocation du mandat. Côté professionnel : envoyez une mise en demeure recommandée de rembourser sous quinze jours, en joignant l’accusé de réception de votre résiliation et vos relevés. En cas de blocage, saisissez le médiateur puis SignalConso.
Combien de temps ai-je pour réclamer un remboursement ?
Cinq ans. L’action du consommateur contre un professionnel relève de la prescription de droit commun de l’article 2224 du Code civil, soit cinq ans à compter du jour où vous avez connu ou auriez dû connaître les faits. Ne confondez pas avec le délai de deux ans de l’article L. 218-2 du Code de la consommation, souvent cité à tort dans l’autre sens : celui-ci encadre l’action des professionnels contre les consommateurs, pas la vôtre contre eux.
✅ Ce qu'il faut retenir
- 1Chez l’éditeur, Madame Figaro n’est pas un abonnement autonome : c’est un supplément hebdomadaire inclus dans une formule d’abonnement au Figaro, aux côtés du Figaro Magazine et de TV Magazine. On ne le résilie pas seul.
- 2Avant d’écrire, identifiez qui vous facture : la Société du Figaro, ou un courtier en abonnements qui commercialise une offre libellée « Madame Figaro ». La lettre doit partir chez votre cocontractant, sinon elle reste sans effet.
- 3Loi Chatel en presse (article L. 215-1) : information au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme. À défaut, résiliation gratuite à tout moment à compter de la reconduction, avec remboursement des sommes avancées. Les délais « trois mois à quinze jours » et « vingt jours » relèvent de l’assurance.
- 4Rétractation de quatorze jours applicable aux abonnements souscrits à distance (article L. 221-18), l’exclusion de l’article L. 221-28 9° ne visant que l’achat d’un numéro ; délai prolongé de douze mois en cas de défaut d’information (article L. 221-20). Souscription en ligne : résiliation en quelques clics obligatoire (article L. 215-1-1).
- 5Adresse vérifiée pour la lettre recommandée à l’éditeur : Société du Figaro, 23-25 rue de Provence, 75438 Paris Cedex 09 (fiche ACPM du titre, SIREN 542 077 755). Prescription : cinq ans pour réclamer un remboursement (article 2224 du Code civil), les deux ans de l’article L. 218-2 visant l’action des professionnels contre les consommateurs.
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« Le prélèvement ne portait pas du tout le nom du journal, mais celui d’une plateforme d’abonnements. J’aurais écrit à Paris pour rien. Une fois le bon destinataire identifié sur la facture, la lettre est partie au bon endroit et l’accusé de réception est revenu scanné trois jours plus tard. Vingt minutes de démarche, sans déplacement. »
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